Ouessant Infos

olivier Py et Françoise Peron

Ouessant l'innocence du premier âge 
Relatant la vie des insulaires avant la grande mutation des années cinquante, Françoise Péron ne traite pas seulement des choses anciennes, sans rapport avec le présent. Son objectif de départ (faire connaître le passé de l'île d'Ouessant, la vie de la longue chaîne des hommes et des femmes qui ont humanisé cet espace, créé leur propre histoire, leurs mythes et leurs légendes, leurs rites et leur coutumes). Les ouvrages de Françoise Péron permettent de regarder une île bretonne autrement qu'avec des yeux de touriste pressé. Dans sa thèse elle faisait état d'un incunable l'innocence de l'âge de Billardon de Sauvigny datant de 1768. Quelle ne fut pas sa joie l'autre soir de pouvoir faire lire par Olivier Py directeur du Festival d'Avignon sur le porche de l'église d'Ouessant, deux nouvelles tirées de l'innocence du premier âge, faisant état de Ouessant. Le livre vient d'être retrouvé à Nice par un collectionneur qui lui a aimblement prêté à cet instant. C'était le Salon off. Olivier Py propriétaire à Ouessant adore ce genre de surprise.


Ouessant Chronique de l'ile haute
«Ouessant-chronique de l'île haute» vient de paraître aux éditions Palantines. Aujourd’hui comme hier, Ouessant demeure une île absolue et vraie. Depuis des années, Françoise Péron la parcourt, l’étudie, interroge Ouessantins et Ouessantines.

Entre 1850 et 1900, l’île s’inscrit encore dans la plus pure tradition, c’est l’apogée de ce qu’on peut appeler la « civilisation ouessantine ». Pourtant, le continent y pèse de plus en plus lourdement : construction des phares, des forts, présence des régiments coloniaux et disciplinaires…L’entre-deux-guerres voit les débuts de la modernisation. Regards curieux des continentaux, premiers touristes, séjours des peintres et des écrivains qui en livrent une vision romantique…Puis en deux décennies, l’île change totalement de système. On assiste au départ massif des familles vers le continent, à la friche agricole, à la fin des rites. L’île semble mourir.
Des naufrages à répétition (l’Olympic Bravery…) donnent alors à l’île un renom international : la venue de journalistes et de personnalités diverses la remettent sous les feux de l’actualité. En même temps, le mythe de l’île prend tout son essor : milieu naturel, préservé, régénérant, l’île apparaît comme l’un des derniers Eldorado à portée de main. Toutes les contradictions de ce mouvement nouveau, vues tant du côté des Ouessantins que de celui des visiteurs, qu’ils soient réguliers ou occasionnels, sont dites avec affection dans ce livre plein de finesse.

Dans cet ouvrage de plus de 200 illustrations, Françoise Peron donne la parole aux insulaires, sur cette époque riche pendant laquelle Ouessant a basculé dans la modernité. L'auteur insiste sur une présentation originale d'Ouessant, son histoire personnelle avec l'île ainsi que sur la collaboration importante des Ouessantins pour le travail de fond, la recherche de documents.


Un yacht royal navire à passagers
Le premier Enez Eussa, vapeur à passagers, qui officia pendant 36 ans sur la ligne maritime Brest-Le Conquet-Molène-Ouessant de novembre 1924 à février 1961 fut le yacht royal de Ferdinand 1er de Saxe-Cobourg, prince régnant de Bulgarie de 1887 à 1908, puis tsar de Bulgarie de 1908 à 1918.
Lors de la première guerre mondiale, la Bulgarie choisit le camp allemand et fut soumise à la confiscation de navires. Le yacht de Ferdinand 1er devenu ravitailleur de sous-marins allemands, fut saisi. Son nouveau propriétaire le nomma Celuta, mais suite à des difficultés financières dût vendre le bateau à un armateur qui le mit sur la ligne à passagers Granville-Chausey-Guernesey. Cet armateur dût liquider son affaire et le Département du Finistère se porta acquéreur pour remplacer le courrier Ile d’Ouessant naufragé dans le Fromveur le 6 juin 1924. Le navire devint l’Enez Eussa.

mage

La tombe de Mage
La tombe d'Eugène Mage, lieutenant de Marine né à Paris le 30 juillet 1837, se trouve dans le cimetière de Ouessant. Eugène Mage était commandant, en 1869, de la corvette à vapeur La Gorgone, un navire de la Marine française qui fut jeté sur les Pierres Noires, au large de Saint-Mathieu. Le navire se fracassa sur les rochers, dans la nuit du 18 au 19décembre 1869, entraînant la mort de ses 93 hommes d'équipage. Des passionnés de recherches sous-marine ont découvert l'épave de La Gorgone et de nombreux objets, dont la plupart ont été exposés au musée des phares et balises du Créac'h. Intérêt historique important que cette découverte, pour la connaissance de ces premières corvettes à vapeur qui, en appoint de leurs roues à aubes, conservaient leurs voiles sur deux ou trois mats. D'autre part les plongeurs ont également mis au jour l'histoire extraordinaire du lieutenant Mage qui, avant de mourir à 32ans avec son équipage, avait eu une carrière d'explorateur sous les ordres du général Faidherbe, à Gorée et sur le fleuve Sénégal.Mage donna la première description détaillée de l’empire Toucouleur de Ségou dans son Voyage au Soudan occidental, édité en 1868. Il lança aussi une campagne d'exploration au sud Soudan et sur le fleuve Niger. Cet ami de Jules Verne a décrit ses aventures aventures africaines. Il a inspiré Jules Verne pour des ouvrages comme «Cinq semaines en ballon» et «Le village aérien» et «Les naufragés du Chancelor».

ouessant de A à Z

Le Stiff à ne pas manquer
Depuis le départ de son dernier gardien, Michel Berthelé et son automatisation, le phare du Stiff, à l'est de l'île, n'était plus accessible aux visiteurs. Au vu de son intérêt historique, de ses particularités techniques et architecturales, il s'agissait d'un manque qui a été comblé. Il est désormais ouvert à la visite, jusqu'à fin septembre, de 10h à 12h et de 14h à 17h. Il fait parti des phares qui ont été classés Monument historique cette année. Appartenant toujours à l'administration des Phares et balises mais géré par la commune pour les visites, ce phare, construit sur les ordres de Vauban, en 1699, permet à des groupes de 15 personnes (maximum) de découvrir l'île de façon originale, en complément évident du musée des Phares et balises du Créach.

Le phare du Stiff

Le phare du Stiff est situé à 89,10 mètres au-dessus de la mer et à 32,40 mètres du sol. Il est composé de deux tours tronconiques accolées, il abrite dans l’une un escalier à vis qui dessert les chambres en retonde de l’autre.
Durant les années qui suivirent sa construction, le feu était allumé par un gardien au sommet du phare, sur la terrasse supérieure que l’on peut toujours identifier dans l’architecture de l’édifice, à partir d’un brasero brûlant du bois et du charbon. En 1820, le Stiff est enfin équipé d’un procédé mis en place en 1790, le système Sangrain, consistant en l’utilisation de grands réflecteurs concentrant le rayon lumineux en un faisceau plus étroit. Modifié à plusieurs reprises, le phare du Stiff est équipé en 1831 d’une optique de feu fixe de premier ordre. Délimitant le passage maritime au nord-est, le phare est maintenant entièrement automatisé. L' allumage et l' extinction du feu sont commandés par l’intermédiaire d’une cellule photo-électrique. Depuis 1978, une tour radar accompagne le Stiff dans sa permanente surveillance des « rails » de l’entrée de la Manche.

Michel Berthelé le guetteur de Ouessant

Michel Berthelé a été gardien de phare durant trente-quatre ans, dont vingt-quatre consacrés au phare du Stiff, sur l’île d’Ouessant. Le Stiff, il connaît. "Quand il y avait tempête, le vent pouvait grimper jusqu’à 180 km par heure." C'est ici qu'il vécut avec sa femme et ses cinq enfants.
Il a vu sa fille naître sous le toit de la maison qui se trouve à proximité du phare. Dans l'enceinte passaient quatre moutons noirs, malgré le vent et les embruns Thérèse arrivait à tenir un joli petit jardin. La petitre chienne Louzou savait faire la fête aux touristes qui voulaient monter dans la tour de guet. Trois fois Michel a repeint l'extérieur de la tour 630 m2 à peindre en trois couches. Cela faisait 100 kg de peinture blanche pour la tour et verte pour le socle "cela faisait plus propre"!. Une des deux expositions installées dans les habitations restaurées par le Conservatoire du Littoral, est à son honneur. Vingt-six panneaux faits de morceaux de voile ont été recouverts de textes poétiques, inspirés de ses carnets de notes.

L'abeille noire

L'autre exposition est dédiée à l'abeille noire. Les apiculteurs ouessantins, hébergés de façon permanente sur ce site par le Conservatoire du littoral, possèdent une souche unique d'abeilles, totalement épargnée des pollutions d'origine continentales.

La muséographie de Ouessant de A à Z a été réalisée par Mille Lieux sur la Terre

Proella

L'ancien rite de Proella
Un rituel particulier à Ouessant a perduré jusqu’en 1962. Il est attesté d'ailleurs sur le registre paroissial depuis 1734. Il s'agissait de la cérémonie de proëlla qui remplaçait celle que ne pouvait avoir un marin disparu en mer et que la mer n'avait pas rendu. Pour que ces noyés sans sépulture ne soient pas condamnés à errer sans fin dans l’autre monde, les Ouessantins pratiquent pour le repos de leurs Anaon un simulacre d’enterrement.

Dès que le syndic des gens de mer, avait été prévenu administrativement de la disparition d’un îlien, il faisait part du décès du disparu à l'homme le plus ancien de la parenté, qui était chargé d' annoncer la triste nouvelle en se servant de cette formule invariable : Vous êtes avertis qu’il y aura, ce soir, proella chez ...

A la tombée de la nuit il se rendait à la maison du mort. Il entrait dans la cour, frappait trois petits coups à la vitre de la fenêtre. Ensuite il passait la porte en se contentant de prononcer la phrase sacramentelle : « Il y a proella chez toi ce soir, ma pauvre enfant… »

Sur la table, on étalait une nappe blanche, puis, sur cette nappe, on disposait en croix deux serviettes pliées. Au croisement de ces serviettes, on plaçait une petite croix, fabriquée avec deux bouts de cire béni à l’église le Jour de la Chandeleur. Cette croix était censée représenter le défunt. De tous les coins de l’île, les proches arrivaient pour le proella . Et la veillée de mort commençait. Une « prieuse » récitait les prières habituelles à laquelle l'assistance répondait.

Le lendemain, le clergé venait, comme pour un enterrement ordinaire. La petite croix de cire jaune était portée comme un cercueil jusqu'à l'église. Le prêtre célèbrait la messe, donnait l’absoute, puis dans une sorte d’armoire scellée dans le mur d’un des bas-côtés (que l'on peut toujours voir aujourd'hui), il enfermait la croix. Elle demeurait dans cette sépulture provisoire jusqu’au soir du 1er novembre. Ce jour-là, à l’issue des vêpres, on transportait en procession toutes les croix de proella, entassées au cours de l’année, dans un monument bâti au centre du cimetière pour servir de tombeau collectif à tous les Ouessantins disparus en mer sur lequel figure une plaque indiquant : « Ici nous déposons les croix de proëlla en souvenir des marins morts loin du pays, dans les guerres, les maladies et les naufrages. »

mouton noir

Histoire du mouton noir
Depuis fort longtemps, les voyageurs, marins ou pêcheurs ont eu leur attention attirée par les moutons broutant au bord des grèves tout au long des côtes d'Ouessant.

Quelques références historiques

On ne connaît pas avec précision l'origine de la race. Toutefois, des documents de 1750 indiquent la présence de moutons sur l'île d'Ouessant, ces moutons sont signalés comme étant excellents mais de très petite taille. En 1852, on recense 6000 moutons sur les 1562 hectares de l'île. Les moutons étaient marqués à l'oreilles par des entailles (en 1970, 510 marques étaient déposées à la mairie). En 1899 ces ovins sont décrits de la façon suivante : " Une épaisse toison les recouvre, sorte de crin imperméable à la pluie, qui les fait paraître, non tondus, d'une grosseur raisonnable. Mais quand les ciseaux sont passé sur eux il ne reste plus que des bêtes au dessous de la taille d'un chien. Deux personnes mangent facilement un de leurs gigots dont la chair est très savoureuse. De très petite taille, d'une race particulière à l'île, ils ont de grandes cornes enroulées comme les cornes des mouflons ". En 1911, l'Encyclopædia Britannica indique que l'île d'Ouessant est peuplée de petits moutons noirs. C'est également à cette époque que la race acquiert son nom définitif de mouton d'Ouessant. En 1920, la race d'Ouessant est décrite comme suit : "C'est une race de petite taille et à développement lent, dont la taille ne dépasse pas 35 à 40 centimètres. La couleur de la toison est noire, marquée parfois de taches blanches sur la tête ; les mâles sont munis de cornes plates, minces, recourbées en arrière. La laine est courte et frisée. La chair passe pour être d'assez bonne qualité ". En 1935, un bateau grec, le Mikonos, s'échoua sur les roches à Galgrac'h libérant un bélier et deux brebis.

Importation de moutons blancs

Les moutons blancs furent importés sur l'île au début du XXe siècle pour agrandir la taille et aussi pour produire de la laine blanche plus recherchée à l'époque, engendrant de ce fait divers métissages qui firent peu à peu disparaître la race d'origine. A partir de 1976, le sauvetage de la race est entrepris par un groupe d'éleveurs passionnés emmenés par Paul Abbé. Ils s'appuient sur des troupeaux aux caractéristiques proches de celui que l'on pouvait trouver sur l'île à l'origine. Puis se forme le Groupement des éleveurs de mouton d'Ouessant. Sous leur impulsion, la race n'est actuellement plus menacée.

Les moutons en liberté doivent pouvoir s'abriter du vent. A cet effet, un certain nombre d'abris, en breton «gwasked», sont disséminés sur la surface de l'île, en dehors des terres cultivables. Construits comme des étoiles à trois branches, ils permettent aux animaux de choisir le côté vers lequel se réfugier, en fonction du vent. En pierres sèches ou en mottes de gazon, ces abris, autrefois nombreux, sont désormais plus rares.


Le mouton d'Ouessant est donc, comme son nom l'indique, une race endémique bretonne, qui existait sur l'île du même nom, jusqu'aux environs des années 1930. Cette race est la plus petite du monde. On le tenait pour sa laine, noire, qui ne devait pas être teinte pour la confection de vêtements.

oiseaux d'ouessant

400 espèces d'oiseaux
L'île d'Ouessant possède une avifaune riche de près de 400 espèces. Des oiseaux nicheurs aux oiseaux hivernants, en passant par les nombreuses espèces migratrices qui ont fait la réputation de l'île. Le Centre d'études du milieu d'Ouessant, association basée sur l'île et spécialisée dans les suivis naturalistes et l'éducation à l'environnement a réalisé une liste des oiseaux d'Ouessant. Pour chaque espèce, un calendrier décline la fréquence et l'abondance par décade, ainsi qu'un bref commentaire précisant le statut actuel. Fruit du travail d'observation de centaines d'ornithologues mené sur l'île depuis plusieurs décennies, ce document s'adresse à tous les passionnés d'oiseaux et d'Ouessant.

L'avifaune migratrice
L'intérêt de l'ornithologie sur Ouessant est double car l'île est non seulement un site de nidification important notamment pour plusieurs espèces d'oiseaux marins, mais aussi un carrefour migratoire très important.

Où voir les oiseaux ?

Les grèves de l'île accueillent par exemple de beaux groupes de limicoles en mai ou septembre ainsi que des ardéidés ou des anatidés. Les anses de Porz Doun et Porz Coret au sud-est de l'île en sont sans nul doute les plus fréquentées. Les pelouses aérohalines peuvent attirer les migrateurs friands d'invertébrés comme le Traquet motteux ou le Courlis corlieu. Les bruants nordiques, Bruant des neiges et Bruant lapon peuvent également effectuer de courtes haltes sur ces pelouses. La plage du Korz en fond de Baie de Lampaul est un important reposoir à laridés à marée basse, en basse saison touristique. Ce peut être l'occasion d'observer d'importants rassemblements de goélands bruns, de mouettes rieuses et mélanocéphales. Les deux réservoirs d'eau douce à Stang ar Merdy ainsi que les quelques marais et prairies humides du Nord de l'île peuvent être intéressants pour les limicoles dulçaquicoles, certains canards ou hérons. Les roselières du Créac'h, du Niou ou de Stang Korz abritent quand à elles les fauvettes paludicoles, le Bruant des roseaux et l'invisible Marouette ponctuée. On peut observera parfois le Pluvier guignard ou le Faucon émerillon sur les landes rases littorales de Kadoran, Lann Penn ar lann ou Ar Ru. Les prairies de Parluc'hen où de Kerlann sont favorables au Pluvier doré, au Vanneau huppé ou au rare Etourneau roselin. Les saulaies de fond de vallons concentrent une bonnes part des oiseaux effectuant une halte migratoire sur Ouessant et recherchant le couvert et la sécurité des seuls arbres de l'île. Sylviidés et gobemouches peuvent y être omniprésents en octobre. Ces milieux constituent également des sites de recherche des migrateurs rares très prisés des ornithologues présents sur l'île jusque début novembre. On peut notamment y trouver des espèces sibériennes comme le Pouillot à grand sourcil, le Pouillot brun, d'Europe de l'Est comme le Gobemouche nain ou des parulines venues d'Amérique du Nord.