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 Iles et rias de Bretagne

La question du logement dans les iles

La question du logement dans les îles a fait l’objet d’un débat, ce samedi 24 septembre 2022 à l’Ile-aux-Moines Le géographe Louis Brigand en décrypte les enjeux.Dans les îles du Ponant, mais aussi sur le littoral, la situation est très tendue sur le marché du logement. Il est devenu difficile de se loger pour les gens originaires d’une île ou ceux qui veulent s’y installer pour travailler. 

Sur les îles, la situation est d’autant plus tendue que le phénomène est plus ancien, que l’espace est réduit et qu’il y a un grand nombre de résidences secondaires. Les difficultés d’accès au logement touchent en priorité les jeunes.qui ont des revenus relativement limités. Pour eux, l’acquisition d’un bien immobilier est extrêmement compliquée quand on voit les prix du marché. Ils ont également beaucoup de mal à trouver des logements à louer. Cette difficulté de location touche aussi les saisonniers.Dans les îles, on trouve beaucoup de locations à la semaine, et peu de locations à l’année, l’espace insulaire est réduit et les possibilités de construction de maisons neuves sont très limitées.

Des actions ont lieu. Des communes rachètent des maisons, des terrains et font appel à des organismes fonciers, notamment de type solidaire. Créer dix logements sur une île, c’est très compliqué. Les communes insulaires ont de petits moyens, même si elles bénéficient d’aides. La construction est limitée, les coûts de construction sont 40 % plus chers que sur le continent.

Les Insulaires à l'ile aux moines

La neuvième édition des Insulaires se déroule à l’Île-aux-Moines ces 23, 24 et 25 septembre. Un incontournable pour les habitants des îles du Ponant bien que le festival est ouvert à tous. De nombreux concerts sont programmés tout au long de ces trois jours de festival. Dans les bars de l’île-aux-Moines, vous pourrez assister à des apéros concerts des artistes insulaires.

Déambulations, arts de rue, débats, marchés des producteurs et divers concours et animations auront également lieu sur l’île.

Groix une réplique du dernier canot de Port Tudy

Fabien Kersaudy, charpentier de marine, est en train de construire la réplique du dernier canot de Port Tudy. 

Le Cygne GX 4682 est un canot construit en 1947 par le charpentier Henri Yvon dit « Jep Jep » dans son atelier de Port Tudy, à Groix. Ce canot de « Demi soldier », construit pour la pêche côtière, était propulsé par une voile de misaine et à l’aviron. 95 embarcations de ce type étaient réparties entre Port Saint Nicolas, Locmaria et Port Lay. La carcasse du Cygne se dégradait lentement quand Fabien Kersaudy, charpentier de marine, a pu récupérer la coque en vue de sa restauration. Dans un premier temps, il a consolidé la coque pour en faire des relevés au laser pour réaliser les plans du canot. Il a pu rapidement construire le squelette du canot avec son tableau arrière et les membrures provisoires avant de fixer la précinte qui ceinture la coque en vérifiant régulièrement que la coque ne se déformait pas. L’objectif de ce chantier est de sauvegarder le patrimoine maritime et d’initier les jeunes insulaires à la pratique de la godille, de la voile traditionnelle et de la petite pêche

Bréhat et l'ile aux Moines victimes de leur succès

Cet été, Bréhat a décidé de compter les touristes et de mesurer l’impact de ces estivants sur l’environnement insulaire. Selon les conclusions de cette étude, le nombre de touristes quotidien pourrait être régulé. Certains jours d’été, près de 10 000 personnes visitent ce caillou costarmoricain de 3 kilomètres carrés, où vivent à l’année 400 personnes.
L’Île-aux-Moines, à un jet de pierre du continent, est victime de son succès. Après seulement cinq minutes de bateau et moyennant un droit de passage aller et retour de 5,80 euros pour un adulte, on atteint ses quais. Revers de cette belle médaille, les touristes affluent par milliers à la belle saison. Certains jours, au plus fort, ils sont entre 3 000 et 5 000 à découvrir cette perle du golfe du Morbihan.Une affluence qui agace parfois certains habitants. Le maire, Philippe Le Bérigot, parle de  « sentiment de saturation ». « Comme les Îlois m’en parlent souvent, nous restons très attentifs, explique l’élu. Pour en savoir davantage, nous avons fait poser des capteurs sur des lampadaires. Dans quelques semaines, on saura avec précision combien de personnes ont posé le pied sur l’île. Se baser uniquement sur les traversées n’est pas suffisant. Car pas mal de gens sont acheminés dans le cadre de croisières à la journée, qui partent d’autres quais que ceux de Port Blanc, à Larmor-Baden

L Ile aux Moines va pouvoir alimenter ses bâtiments publics avec des panneaux photovoltaiques

L’Île-aux-Moines va désormais produire sa propre électricité pour alimenter ses bâtiments publics grâce à une ombrière équipée de panneaux photovoltaïques. Un système de véhicule électrique en autopartage est également mis en place. Le pick-up doit aider les ilois à transporter du matériel lourd de plus il est muni d'une attache remorque pour tracter 500 kg

La distillerie d'Ouessant au goût d'anis

La Distillerie d’Ouessant s’apprête à produire de la bière, du pastis et du whisky. Si possible, à terme, en partie avec des plantes voire de l’orge de l' île.
Le projet a nécessité des années pour mûrir, quatre copains d’école, en région parisienne, se retrouvent régulièrement sur l’île depuis une quinzaine d’années. Nous voulions créer une activité avec des emplois annuels, pas saisonniers. On a fait le parallèle avec l’île d’Islay, dans l’ouest de l’Écosse. Le climat, l’environnement un peu rude, le côté îlien… Et ses whiskies hyper tourbés.

Grattant l’histoire d’Ouessant, ses terres autrefois largement cultivées avec beaucoup d’orge et ses 150 moulins à vent, ils ont contacté la mairie. Le temps de trouver le local, d’y faire des travaux avec l’aide de la Région. L’investissement, sur fonds propres, se chiffre en centaines de milliers d’euros.

« Nous avons l’ambition de proposer un whisky qualitatif, premium, qui visera les 46 à 48°, en se fournissant en matières premières en Bretagne et, à terme, si possible, à Ouessant », dit Clément Nageotte president de la societe. De l’orge local, un jour peut-être. Très bientôt, s’ils peuvent les exploiter, des plantes déjà présentes comme le fenouil.

La production et l’embouteillage se feront sur place. Les cuves sont arrivées, et presque tout le matériel. Des bouteilles de bière blonde et ambrée ont déjà été produites, pas encore commercialisées c’est prévu pour les semaines à venir, bientôt une blanche et une IPA (à fort houblonnage), et  LE pastis ! , cher à Joëlle Lalbin bien connue sur l'ile. Cette Marseillaise d’origine, pompier volontaire et présidente de l’Office de tourisme, avait créé là une entreprise d’impression qui rendait divers services numériques aux habitants depuis les années 2000. Elle est fière, à 50 ans, de vivre cette nouvelle aventure; seule salariée, bientôt rejointe par une autre personne, puis deux ou trois encore sans doute. Formée quelques semaines à Cognac, puis au lycée agricole de Douai, sans oublier des stages

Le presbytère de Groix vers une rénovation

Il nous faudra sans doute tout démolir pour ne garder que les quatre murs principaux et la toiture », explique Jean-Pierre Penhouet, recteur de la paroisse. Un permis de construire a été déposé à la Mairie de Groix, les travaux pourraient commencer à la fin de l'année.

Le devis des travaux s’élève à plus d’un million d’euros. Plusieurs pistes de financement sont envisagées, dont l’aide de l’association humanitaire La conférence de Saint-Vincent de Paul, la Fondation du patrimoine, l’évêché de Vannes, des capitaux de la paroisse et des dons des Groisillons… Mais il manque encore 400 000 €.

Le projet prévoit une rénovation complète du bâtiment, avec au rez-de-chaussée un logement indépendant pour le prêtre, deux bureaux et une salle de réunion. À l’étage et dans les combles seront aménagés plusieurs deux pièces et studios à louer à l’année. La priorité sera donnée à des jeunes couples de Groisillons.

Trois autres deux pièces ainsi qu’un dortoir seront réservés à de courts séjours en juillet et août pour des familles à revenus modestes, sous l’égide de l’association La conférence de Saint-Vincent de Paul.

Groix de nouveaux logements

En matière de logement, les élus ont délégué le droit de préemption à l’établissement public financier de Bretagne qui pourra préempter l’actuel bâtiment du collège privé Saint-Tudy, qui a été mis en vente en prévision de la construction d’un établissement commun école-collège.

Le bailleur social Lorient Habitat va construire 20 logements en accession à la propriété et en locatif, à proximité de la Maison de santé. Dans le même temps, Bretagne sud habitat procède à une grande rénovation des pavillons de Créhal (40 logements sont concernés) quant à l’espace laissé vacant par la démolition de l’ancien Ehpad « Des projets sont à l’étude »

Enfin, une Maison des assistantes maternelles va être mise en service à la rentrée de septembre. Un particulier a proposé de louer sa maison à un prix modique en attendant la construction de la MAM en 2023 (600 000 €, inscrits au budget).

La Brittanny Ferries pourrait prendre en charge le transport vers les iles bretonnes

La compagnie a déposé l’une des trois offres pour la délégation de service public.
Renouvelé au 1er janvier 2023, le contrat de délégation de service public pour la desserte des îles du Morbihan et de la pointe finistérienne fait l’objet de trois candidatures. La compagnie maritime roscovite, a déposé une offre pour les deux lots. Les offres désormais déposées, la Région va entrer « dans une phase de dialogue » avec les candidats et désignera le ou les délégataires « à l’automne ». Dans le Morbihan, la candidature de Brittany Ferries, est d’ores et déjà prise très au sérieux. La compagnie Océane, neuf bateaux pour 250 salariés dont la moitié de navigants, fait l’objet de critiques pour sa gestion après des pannes à répétition sur ses navires, engendrant des annulations. La Penn ar Bed emploie de son côté de 80 à 90 salariés, selon la saison, à terre et sur ses six navires. Elle transporte chaque année près de 330 000 passagers.

Voitures sur les iles, privilégier l'électrique

Certains élus insulaires font part de leur volonté de limiter l’accès des îles aux voitures. Pour des raisons environnementales mais aussi pour résoudre des problèmes de cohabitation avec les cyclistes et les piétons.

« La voiture, c’est un réel problème sur les îles, pour Denis Bredin directeur de l’association des îles du Ponant, sur certains territoires leur nombre est trop important. Particulièrement sur les grandes îles desservies par des rouliers. Ces bateaux peuvent prendre en charge des véhicules, et les cales d’accès sont aménagées. ».

Certaines îles comme Molène, Sein, Houat et Hoëdic interdisent les véhicules des particuliers seuls sont autorisés les véhicules présentant un intérêt pour la collectivité. Ces dispositions ont été renforcées récemment en mai, le député du Morbihan Jimmy Pahun, a fait adopter un amendement à la loi d’orientation des mobilités. Il permet aux maires d’étendre l’interdiction de circulation des véhicules sur tout leur territoire sans risquer, de voir leurs arrêtés attaqués devant le tribunal administratif.

Selon Denis Palluel, le maire d’Ouessant, 500 voitures sont présentes sur l’île à l’année. « C’est beaucoup et ça engendre des problèmes de circulation et de stationnement dans deux secteurs bien déterminés : dans le bourg de Lampaul, et sur le port du Stiff, où des habitants qui prennent le bateau pour le continent, garent leur voiture ». A Ouessant, le seul moyen de poser des roues ici est de faire appel au Molenez, le petit cargo qui ravitaille l’île. Les choses sont compliquées car ces manœuvres se font au mât de charge. Pour autant, un règlement municipal empêche toute personne, qui ne vit pas au moins deux mois sur l’île, d’y posséder une voiture. Mis à part, les personnes à mobilité réduite. Denis Palluel a engagé avec les élus, une réflexion sur l’amélioration de la mobilité sur l’île. « Près de 5 km séparent le bourg du port du Stiff. Nous travaillons actuellement à un projet de partage de véhicules et de mise à disposition de véhicules électriques ». Voitures qui seraient rechargées par de l’énergie verte.

Belle-Ile est assurément l’île où circulent le plus de voitures en été. Celles des quelque 5 000 habitants qui y vivent à l’année, plus celles des touristes qui passent sur les ferries. Le territoire est vaste, difficile de faire sans voiture. Les habitants en ont besoin au quotidien, mais aussi les artisans, les commerçants. La topographie de l’île présente beaucoup de côtes, et ne se prête pas au développement de modes de déplacements alternatifs. La solution passera par le développement de la voiture électrique. Il y a des conflits d’usage entre voitures, bus, scooters, vélos et piétons, dus à un réseau routier très contraint. La collectivité tente de convaincre les visiteurs que parcourir Belle-Ile peut se faire sans voiture, en utilisant les transports en commun ou en louant sur place un véhicule.

Iles de Bretagne consommer local

Les temps changent. Hormis quelques partenariats avec de grandes enseignes, peu nombreux sont aujourd'hui les produits des îles bretonnes à être distribués en grande surface. Il faut les chercher, les dégoter chez les petits producteurs. Mais direz-vous il y a une réelle différence de goût et de qualité? A quelques kilomètres des côtes, l'insularité ne change pas radicalement la donne, mais il reste la singularité d'un terroir plus préservé. La Bretagne et ses îles bénéficient d'un sol et de conditions propices à la culture maraîchère. Depuis quelques années, nombreux sont les consommateurs à vouloir manger bio. Aussi le Coin des producteurs à Belle-Ile propose ses produits frais comme les légumes bio, le fromage de chèvres, les poulets fermiers, la viande de mouton ou d’agneau. L'agneau né et élevé à Belle-Île porte le label « agneau du large » Il grandit en liberté dans le pâturages pendant 60 jours au minimum. Sa viande est d'une qualité remarquable et son goût délicatement salé. Un système de panier de légumes bio a été mis en place, de même sur l’ile de Groix chez Isabelle et Yves Guelou.

Consommer local

Il y a la pomme de terre bio de l'île de Batz, qui «cuisinée simplement au beurre, serait la meilleure de France» selon Patrick Geffroy! De même pour celle de Quéménès cultivée, sans produit phytosanitaire ni engrais chimique, par Soizic et David. Le navet jaune de Belle-Ile-en-Mer très savoureux qui accompagne parfaitement le navarin d'agneau du large. Autre exclusivité îlienne le miel de l’abeille noire d'Ouessant. La butineuse est préservée de toute pollution et des parasites, ce miel pur et biologique, a les faveurs d’ Olivier Roellinger. Sur l'île de Sein, Yann Le Berre, cultive la belle Sénane charnue et iodée, à l'île aux Moines, ce sont les belles creuses de Pierre et Yvonnick Martin.

Tous veulent promouvoir leur qualité de vie et l’avenir de leurs productions, en récréant un lien direct avec le consommateur. Le vrai soutien c’est de consommer local

La Compagnie Océane et l'éco conduite

Depuis 2009 le conseil général du Morbihan a équipé trois de ses ferries Bangor, Ile de Groix, Vindilis, d'un système de contrôle de la consommation de carburant. les trois unités des liaisons maritimes entre le continent et les îles du Morbihan sont équipées du système Ixeko, un économètre sur mesure conçu et réalisé à Lorient.
Son principe: donner en temps réel aux capitaines, le niveau de consommation en carburant des moteurs, mais aussi donner au fil des heures et des journées, les consommations globales. En règlant la vitesse des moteurs, mais aussi les paramètres des hélices, tout commandant de navire peut diminuer sa consommation. Avec un demi-noeud de vitesse en moins, un bateau comme le Bangor peut économiser 20l/h/moteur. On peut estimer qu'un tel navire peut économiser 500 litres de gasoil par jour. On imagine l'économie en fin d'année ! le coût du carburant peut représenter jusqu'à 30% du chiffre d'affaires d'un navire. Le système Ixeko donne une vision globale et peut agir sur plusieurs moteurs en même temps. Il est totalement automatisé et sécurisé. Les capitaines font la chasse aux gaspillages et pratiquent l’ écoconduite.