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 Iles et rias de Bretagne

Ile aux Moines le médecin se fait vacciner

C’était une position intenable : hypermédiatisée pour son choix de ne pas se faire vacciner contre la covid, le docteur Catherine Hochard, unique médecin de l’Ile-aux-Moines, s’est retrouvée bien malgré elle érigée en porte-drapeau des antivaccins. 

« Je ne suis pas antivaccin, rappelle-t-elle, mais j’ai le cœur gros. Je me fais vacciner contre la covid contre mon gré. Je le fais comme beaucoup de soignants, contrainte par les directives gouvernementales, et les pressions médiatiques, mais pas par choix médical. »

La décision du docteur suscite un immense soulagement. 

Le maire a fait une note aux habitants de l’île, dans laquelle il liste les évolutions positives que cette crise sanitaire éclair a permises. « On a investi dans le matériel nécessaire pour faire des téléconsultations à l’Ehpad. La télémédecine sera opérationnelle dès vendredi. On rendra grâce au docteur Hochard de nous avoir bousculés. » Autre point positif selon lui : l’accélération de la livraison de la troisième dose de vaccin anti-covid, pour les résidents de l’Ehpad, dès la semaine prochaine.

Ouessant l'hôtel spa fait des bulles, un slogan tagué sur les murs

Un hôtel spa de luxe a ouvert pendant l’été à Ouessant, avec une vue imprenable sur la baie de Lampaul. Sophie Chave, propriétaire du lieu, a convié les Ouessantins à une réunion à la mairie. L’intérêt des Ouessantins pour la réunion était leur accès aux équipements de l’hôtel, promesse de Sophie Chave au départ du projet.Or le rendez-vous a commencé par un long cours de plus d’une demi-heure sur les bienfaits du sport pour la santé, ce qui a créé de l' impatience. La seconde est venue quand le sujet de la réunion a enfin été abordé : l’accès des Ouessantins aux équipements du centre. Sophie Chave a expliqué qu’elle voulait obtenir le label « Maison Sport et Santé » et que, pour répondre à l’appel à projets octroyant le label, elle avait besoin d’une association, qu’elle ne pouvait créer elle-même, et qu’elle demandait donc aux Ouessantins de fonder, véritable objet de la réunion. Quel bénéfice pour les Ouessantins qui s’intéressent à l’accès aux équipements ? Aucune réponse, ni sur les créneaux horaires ni sur les tarifs. 

L’assemblée n’a pas manqué de réagir à nouveau quand Sophie Chave a expliqué que les infrastructures seraient réservées aux résidents à l’année. Outrés, les résidents secondaires, dont plusieurs passent plus de six mois par an sur l’île, ont quitté la salle, parlant de mesure discriminatoire.

D'autre part le bassin de nage de 1,50 m de profondeur n’est pas adapté aux enfants, ce qui a déçu les parents. Le couloir de nage de 3 m sur 20, les cinq vélos d’aquabike et le rameur ne suffiront sans doute pas, par rapport aux promesses faites par Sophie Chave aux Ouessantins lors de la première présentation du projet, et on voit mal comment elle va pouvoir concilier ses clients et la population avec un équipement si faiblement dimensionné.

Le slogan « Pour les riches, une piscine chauffée. Pour nos mômes, l’eau à 14 °C pour apprendre à nager » a été inscrit à la bombe, dans la nuit, sur la façade du bâtiment principal du tout nouvel hôtel. 

« Financé à hauteur de 300 000 euros, le bassin de natation va nécessiter des aménagements supplémentaires pour accueillir à l’avenir les scolaires de l’île », assure la porteuse de projet. « Mais je ne vous cache pas que depuis ces actes de vandalisme (sa voiture stationnée dans la cour de son habitation personnelle a aussi été taguée), je réfléchis à la suite de mes engagements »

De son côté, le maire, Denis Palluel, rappelle qu’il s’agit d’un projet privé et que son instigatrice a pris la peine de proposer l’accessibilité à son bassin de natation sans en être obligée. 

Trophées insulaires Savoir faire des Iles du Ponant

Pour la première édition des Trophées insulaires de l’association Savoir-faire des îles du Ponant, des entrepreneurs qui ont su à la fois innover et créer des emplois durables sur les îles ont été récompensés. Cinq femmes se sont illustrées pour leur créativité dans des disciplines artisanales variées.

Dans la catégorie art et création, Chloé Baëlen, de Belle-Ile-en-Mer, a reçu un trophée pour la verrerie Fluïd, qui emploie à l’année sept personnes, dont quatre verriers souffleurs, spécialisés dans les arts de la table.

Catégorie innovation : Frédérique Le Goff, de l’île de Groix, pour sa biscuiterie, avec Le P’tit Dudi, un biscuit riche en fibres et source de protéines.

Catégorie environnement 
: Bianca Collin, de Belle-Ile-en-Mer, pour la fabrication de savons traditionnels, à base de lait et de miel produits localement.

Lauréate de la collaboration insulaire
 : Marianne Guyader, de l’île de Groix, aux commandes de la conserverie Groix et Nature, qui concocte, entre autres, des ormeaux marinés aux piments de Groix.

Le coup de cœur du jury est attribué à Chloé Philippe, peintre décoratrice de l’île de Houat, pour Nuance des Iles, en peinture et décoration.

Groix grand écran, un nouveau festival

Les jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 octobre, l’association Cinéf’îles organise le premier festival « Groix sur grand écran » au Cinéma des Familles. Le but est d’offrir aux associations ainsi qu’aux particuliers qui ont réalisé un film concernant la vie à Groix la possibilité de le projeter sur grand écran et d’animer un échange avec le public.
Pour participer, il faut envoyer votre proposition au plus tard le jeudi 30 septembre à asso.cinef.iles@gmail.com ou à Association Cinéf’îles, Cinéma des Familles, 3, rue du Gripp, 56590 Groix.

Les participants devront assurer le respect des règles sanitaires en vigueur au moment du festival, ainsi que le maintien de la propreté des locaux. Cinéf’îles assurera les projections moyennant un droit d’entrée de 2 € par adulte pour couvrir les frais de fonctionnement.

En fonction des propositions reçues, Cinéf’îles préparera un programme équilibré tenant compte de la variété des thèmes abordés.

Ouessant végétal premier livre sur la flore de l'ile

Premier livre sur la flore de l’île, « Ouessant végétal » était très attendu. Il recense 160 espèces d’algues, plantes à fleurs, fougères, lichens et champignons de l’île.

« Ouessant végétal » fourmille d’informations étonnantes et donne envie de partir à la découverte de cette flore surprenante. Chaque espèce est présentée par une photographie (toutes ont été prises à Ouessant), une description, la zone géographique où on la trouve dans le monde et sur l’île, son mode de reproduction et les usages qu’on en fait, recettes de cuisine comprises.
Elisabeth Coutrot sait intéresser son lecteur grâce une approche pédagogique qui ne manque pas d’humour. Pour les champignons, elle a collaboré avec des spécialistes de l’Association naturaliste d’Ouessant.

Le projet de vigne à Belle-Ile irrite

Un projet de vigne d’une douzaine d’hectares a été lancé à Belle-Île en 2016. Soutenu par la municipalité de Locmaria, il a vu ces derniers jours une pétition rassembler plus de 35 000 signatures pour s’y opposer. Lancé en 2016, ce projet viticole porte sur une superficie de 12,6 hectares et permettrait de relancer la culture de la vigne à Belle-Île. Il contribuerait aussi à créer une nouvelle activité économique grâce à la vente d’un vin haut de gamme (environ 70 000 bouteilles par an comme objectif).

Qui soutient ce projet ?

Tout d’abord, la municipalité de Locmaria. « Il y a déjà eu des vignes à Locmaria. Les porteurs du projet ont été en contact avec le CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement), la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) a validé la vente et c’est un projet de production bio », explique le maire Dominique Rousselot.

Certaines parcelles acquises sont classées Natura 2000, comme celles de Port-Coter et Kerdonis ; elles sont donc absolument inconstructibles, mais ce classement n’empêche pas l’agriculture. « Il est même important que ces terrains protégés soient entretenus et cultivés pour maintenir la biodiversité. Une prairie laissée à l’abandon devient une friche en deux ans », indique Georges Delpont, président du CPIE.


Qui y est opposé ?

Des habitants de Locmaria se sont regroupés en association, Bruyère vagabonde, rejoints par l’Union belliloise pour l’environnement et le développement et Guerveur Da Viken. Pour eux, il s’agit « d’un projet financier de luxe piloté par un milliardaire Christian Latouche, 39e fortune mondiale et qui n’a aucune raison d’être sur l’île. »

L’association a lancé une pétition qui s’intitule « Non à la privatisation de la côte sauvage de Belle-Île-en-Mer ! » qui a déjà recueilli 35 200 signatures, se félicite Gilles Smadja, président et porte-parole de Bruyère vagabonde. « C’est un succès retentissant, les commentaires qui viennent de toute la France, même de l’étranger, montrent combien tous ceux qui sont venus à Belle-Île, ne serait-ce qu’une seule fois, se sentent concernées et souhaitent la préservation des paysages si singuliers qu’on y trouve. »

Les opposants trouvent aussi suspicieux que les vignes aient besoin d’une « vue sur mer » et anticipent déjà une mainmise par des investisseurs pour réaliser, à terme, une affaire financière sur un site de plus en plus prisé qu’est Belle-Ile.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Le fait que 4 hectares aient déjà été plantés à Petit Cosquer, dans la commune de Bangor, a mis le feu aux poudres. « Cette parcelle n’étant pas classée, la Direction départementale des territoires et de la mer a donné son aval à la Société d’exploitation agricole des vignes de Kerdonis. Ces plantations sont tout à fait légales », a répondu Alain Guyon, commissaire enquêteur nommé par le tribunal administratif de Rennes.

Voitures sur les iles, privilégier l'électrique

Certains élus insulaires font part de leur volonté de limiter l’accès des îles aux voitures. Pour des raisons environnementales mais aussi pour résoudre des problèmes de cohabitation avec les cyclistes et les piétons.

« La voiture, c’est un réel problème sur les îles, pour Denis Bredin directeur de l’association des îles du Ponant, sur certains territoires leur nombre est trop important. Particulièrement sur les grandes îles desservies par des rouliers. Ces bateaux peuvent prendre en charge des véhicules, et les cales d’accès sont aménagées. ».

Certaines îles comme Molène, Sein, Houat et Hoëdic interdisent les véhicules des particuliers seuls sont autorisés les véhicules présentant un intérêt pour la collectivité. Ces dispositions ont été renforcées récemment en mai, le député du Morbihan Jimmy Pahun, a fait adopter un amendement à la loi d’orientation des mobilités. Il permet aux maires d’étendre l’interdiction de circulation des véhicules sur tout leur territoire sans risquer, de voir leurs arrêtés attaqués devant le tribunal administratif.

Selon Denis Palluel, le maire d’Ouessant, 500 voitures sont présentes sur l’île à l’année. « C’est beaucoup et ça engendre des problèmes de circulation et de stationnement dans deux secteurs bien déterminés : dans le bourg de Lampaul, et sur le port du Stiff, où des habitants qui prennent le bateau pour le continent, garent leur voiture ». A Ouessant, le seul moyen de poser des roues ici est de faire appel au Molenez, le petit cargo qui ravitaille l’île. Les choses sont compliquées car ces manœuvres se font au mât de charge. Pour autant, un règlement municipal empêche toute personne, qui ne vit pas au moins deux mois sur l’île, d’y posséder une voiture. Mis à part, les personnes à mobilité réduite. Denis Palluel a engagé avec les élus, une réflexion sur l’amélioration de la mobilité sur l’île. « Près de 5 km séparent le bourg du port du Stiff. Nous travaillons actuellement à un projet de partage de véhicules et de mise à disposition de véhicules électriques ». Voitures qui seraient rechargées par de l’énergie verte.

Belle-Ile est assurément l’île où circulent le plus de voitures en été. Celles des quelque 5 000 habitants qui y vivent à l’année, plus celles des touristes qui passent sur les ferries. Le territoire est vaste, difficile de faire sans voiture. Les habitants en ont besoin au quotidien, mais aussi les artisans, les commerçants. La topographie de l’île présente beaucoup de côtes, et ne se prête pas au développement de modes de déplacements alternatifs. La solution passera par le développement de la voiture électrique. Il y a des conflits d’usage entre voitures, bus, scooters, vélos et piétons, dus à un réseau routier très contraint. La collectivité tente de convaincre les visiteurs que parcourir Belle-Ile peut se faire sans voiture, en utilisant les transports en commun ou en louant sur place un véhicule.

Iles de Bretagne consommer local

Les temps changent. Hormis quelques partenariats avec de grandes enseignes, peu nombreux sont aujourd'hui les produits des îles bretonnes à être distribués en grande surface. Il faut les chercher, les dégoter chez les petits producteurs. Mais direz-vous il y a une réelle différence de goût et de qualité? A quelques kilomètres des côtes, l'insularité ne change pas radicalement la donne, mais il reste la singularité d'un terroir plus préservé. La Bretagne et ses îles bénéficient d'un sol et de conditions propices à la culture maraîchère. Depuis quelques années, nombreux sont les consommateurs à vouloir manger bio. Aussi le Coin des producteurs à Belle-Ile propose ses produits frais comme les légumes bio, le fromage de chèvres, les poulets fermiers, la viande de mouton ou d’agneau. L'agneau né et élevé à Belle-Île porte le label « agneau du large » Il grandit en liberté dans le pâturages pendant 60 jours au minimum. Sa viande est d'une qualité remarquable et son goût délicatement salé. Un système de panier de légumes bio a été mis en place, de même sur l’ile de Groix chez Isabelle et Yves Guelou.

Consommer local

Il y a la pomme de terre bio de l'île de Batz, qui «cuisinée simplement au beurre, serait la meilleure de France» selon Patrick Geffroy! De même pour celle de Quéménès cultivée, sans produit phytosanitaire ni engrais chimique, par Soizic et David. Le navet jaune de Belle-Ile-en-Mer très savoureux qui accompagne parfaitement le navarin d'agneau du large. Autre exclusivité îlienne le miel de l’abeille noire d'Ouessant. La butineuse est préservée de toute pollution et des parasites, ce miel pur et biologique, a les faveurs d’ Olivier Roellinger. Sur l'île de Sein, Yann Le Berre, cultive la belle Sénane charnue et iodée, à l'île aux Moines, ce sont les belles creuses de Pierre et Yvonnick Martin.

Tous veulent promouvoir leur qualité de vie et l’avenir de leurs productions, en récréant un lien direct avec le consommateur. Le vrai soutien c’est de consommer local

La Compagnie Océane et l'éco conduite

Depuis 2009 le conseil général du Morbihan a équipé trois de ses ferries Bangor, Ile de Groix, Vindilis, d'un système de contrôle de la consommation de carburant. les trois unités des liaisons maritimes entre le continent et les îles du Morbihan sont équipées du système Ixeko, un économètre sur mesure conçu et réalisé à Lorient.
Son principe: donner en temps réel aux capitaines, le niveau de consommation en carburant des moteurs, mais aussi donner au fil des heures et des journées, les consommations globales. En règlant la vitesse des moteurs, mais aussi les paramètres des hélices, tout commandant de navire peut diminuer sa consommation. Avec un demi-noeud de vitesse en moins, un bateau comme le Bangor peut économiser 20l/h/moteur. On peut estimer qu'un tel navire peut économiser 500 litres de gasoil par jour. On imagine l'économie en fin d'année ! le coût du carburant peut représenter jusqu'à 30% du chiffre d'affaires d'un navire. Le système Ixeko donne une vision globale et peut agir sur plusieurs moteurs en même temps. Il est totalement automatisé et sécurisé. Les capitaines font la chasse aux gaspillages et pratiquent l’ écoconduite.